Bref : conclusion de cet été, pour moi (et même conclusion de 2009-avant-rentrée, je dirais) :
- ces 8 mois auront principalement été rythmés par les allers-retours à Cannes/à Dijon/à Paris pour voir Matti, et ses propres allers-retours à Lyon. Bonheur extatique total quand on se retrouvait, déprime dès qu'il repartait, puis je m'habituais et arrivais à peu près à vivre correctement et à m'amuser avec mes amis, malgré l'impatience de le revoir. J'ai passé les meilleurs moments de ma vie en sa compagnie. Il a été le premier. Pas le premier copain ni le dernier, mais le premier véritable Amour que j'aie connu...
Cela fait un mois et des poussières qu'il est parti dans le pays de son coeur, "nous" est redevenu "lui" et "moi", je réapprends chaque jour à vivre sans lui. Objectif : garder tous les souvenirs, mais qu'ils arrêtent de me blesser ; j'ai l'impression d'avancer dans ce sens, même si le deuil n'est pas encore totalement fait... Mais l'essentiel pour moi, c'est que je ne regrette RIEN. J'ai vécu à fond tout ce que j'avais à vivre avec lui, j'ai expérimenté des choses que je n'avais jamais expérimenté avec personne, j'ai donné tout ce que j'ai pu et il m'a aussi donné en retour. Je n'ai aucun regret, pas un seul.
- Parallèlement, pendant ces mêmes mois j'ai essayé de vivre ; j'ai eu mon année de mise à niveau, ai fini les cours le 20 mai ; à partir de là ont commencé mes longues vacances. Je ne suis pas vraiment partie longtemps à un endroit, mais j'ai transité de ci de là, entre Orléans et Genève en passant par Annecy, Paris, Cannes bien sûr, Dijon ... Inutile de vous dire que mon maigre argent de poche est passé en billets de trains, depuis janvier.
- Le 12 août, j'ai commencé à travailler comme aide à domicile chez des personnes âgées. En gros, faire le ménage, les courses, et papoter un peu. Peut-être pas le boulot idéal, mais loin d'être le pire. Je rentrais chez moi fatiguée, mais pas exténuée, et je n'avais pas trop de mal à me lever le matin pour aller travailler, ce qui est plutôt positif. Il y a 3/4 petites mamies qui m'ont vraiment marquée, et auxquelles je me suis réellement attachée... Je sais que si un jour je repasse près de chez elles, j'irai les saluer.
A côté de ça, cela m'a appris le monde du travail ; j'ai compris encore plus intensément ce que je savais déjà, à savoir l'importance des études ; j'ai tout sauf envie de faire des ménages payés SMIC toute ma vie !
Mais surtout, surtout, ce travail m'a tirée de l'état larvesque que j'aurais pu adopter après le départ de Matti le 27 août. J'avais une raison de me lever le matin, de sortir, de bouger, de voir de nouvelles têtes, de sourire (car une aide à domicile qui tire la tronche c'est vraiment pas un cadeau pour une mémé qui vit seule et ne voit quasiment personne... J'ai appris à faire la part des choses). Sans plaisanter, faire ce boulot m'a sauvée de la dépression... J'ai beau avoir un instinct de survie surdéveloppé qui fait que même si je me sens couler je continue de flotter à la surface, je ne sais pas si j'aurais pu faire face à tout cela sans mon job. Je ne remercierai jamais assez ma mère de m'avoir poussée à déposer ce putain de CV, alors que j'avais déjà essuyé plusieurs refus de travail saisonnier ailleurs. Et maintenant que j'ai le tuyau et que ma supérieure m'a chaudement remerciée pour mon intervention apparemment très appréciée auprès des mémés, je sais que je pourrai y retravailler sans aucun problème l'été prochain :).
- Et maintenant... Les choses sérieuses commencent, je suis en BTS communication visuelle, toujours dans ma chère école Bellecour, qui (quoi que disent les autres) me plaît vraiment. Je rencontre de nouveaux gens vraiment sympa, j'apprends à connaître ma classe, j'enjoy mes cours 8). Une chouette vie d'étudiante en arts appliqués quoi. A côté de ça, je sors pas mal ; les weekend sont toujours très occupés quand je ne suis pas en train de taffer, j'ai l'impression de revivre à chaque nouvelle rencontre sympa que je fais.
Si j'étais la météo mon état général serait sur "ensoleillé avec quelques nuages", ce qui est plutôt positif après un mois à essayer de m'en sortir.
Et le plus important : j'ai à nouveau envie d'aimer.

